Historique des communes – NOISY-LE-ROI

Historique des communes – NOISY-LE-ROI

Si le nom de Noisy apparaît pour la première fois en 1136, la présence humaine est attestée dès la préhistoire dans ce terroir situé à la limite des territoires des Carnutes et des Parisii. Quant au village de Nusiacum, du latin nucetum noyer, il date sans doute de l’époque gallo-romaine.

Au Moyen-Age, le fief de Noisy est jumelé à celui de Bailly et cette cohabitation provoquera bien des querelles de voisinage.

A la fin du XIIIe, Noisy devient propriété de la famille de Villeneuve pour près de trois cents ans ; c’est la période la plus sombre de son histoire : la guerre de Cent Ans et la Peste Noire (1368) anéantissent la quasi-totalité de la population.

En 1558, la seigneurie de Noisy-en-Cruye (ou Noisy au Val de Gally) est vendue à un avocat du roi, Guillaume Poyet, avant de tomber dans le domaine royal. François 1er et Henri II en feront don à leurs favorites respectives : Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers.

En 1568 les héritiers de Diane cèdent  Noisy à Albert de Gondi, futur maréchal et duc de Retz. Ce favori de Catherine de Médicis, d’origine florentine, marié à une fille de la grande aristocratie, mais peu aimé à la Cour, fait partie du Conseil du Roi ; il est de ceux qui pousseront Charles IX à faire assassiner Coligny et les autres chefs protestants, déclenchant  ainsi le massacre de la Saint-Barthélemy.

Mais grâce à lui, Noisy entrera pour un siècle dans l’histoire. Il rénove le modeste château, annexe l’église paroissiale, ajoute de grandes dépendances, aménage de superbes jardins à l’italienne et fait construire, dans le goût de l’époque, une grotte incrustée de coquillages, ornée de jets d’eau en forme de sirènes, dauphins et tritons. Merveilles dont il ne reste rien de nos jours si ce n’est la porte des Gondi et les chiens de pierre rue André Le Bourblanc, mais le sentier d’interprétation rappelle aux promeneurs que parc et grotte furent qualifiés à l’époque « d’ornement principal du pays ».

Dans les années 1580, la demeure du duc de Retz accueille d’illustres visiteurs, la reine mère, Henri III et son frère le duc d’Anjou, et les Guise.

Août 1607 : on craint la peste à Saint-Germain-en-Laye, où se trouve la « nursery » royale. Henri IV envoie à Noisy le dauphin et ses autres enfants. Conséquence étonnante : le futur Louis XIII chassera pour la première fois près du moulin de Versailles et c’est là qu’adulte, il fera construire un pavillon de chasse dont on connaît le prestigieux destin.

Le dernier des Gondi, Jean-François Paul, voué à l’Église, révèle très tôt des talents de conspirateur : en 1648, lors de la première Fronde, coadjuteur de son oncle l’archevêque de Paris, il complote à Noisy avec d’illustres frondeurs, le prince de Conti et la duchesse de Longueville, frère et sœur du grand Condé ainsi que des membres du Parlement.

L’ordre revenu, le châtiment ne tardera guère et le chapeau de cardinal ne lui épargnera pas la prison. Il parviendra à s’enfuir, mais Louis XIV le contraint à un exil définitif.

En 1654, les Gondi vendent la seigneurie à François Bossuet, cousin du célèbre prédicateur. Vingt ans plus tard cet avocat du roi est ruiné et le château adjugé au souverain qui l’année suivante (1676) achète la terre et l’incorpore au Grand Parc ; le village prend son nom actuel, Noisy-le-Roi.

En 1684, Louis XIV offre le château à Mme de Maintenon pour y héberger son école pour jeunes filles nobles désargentées, fait aménager le domaine et charge Le Nôtre des jardins, La Quintinye du verger et du potager. Le séjour sera court : le roi entend accroître l’effectif de l’école, or la place manque et l’eau est rare dans le village. En 1686, maîtresses et élèves quittent Noisy-le-Roi pour rejoindre Saint-Cyr.

A la fin du siècle les petits-fils du roi viennent parfois chasser dans la forêt, mais bâtiments et jardins ne sont plus entretenus.

En 1708, le souverain propose le domaine à l’un de ses ministres qui refuse ce cadeau empoisonné. Beaucoup plus tard, en 1732, Louis XV fera don du château à un lieutenant des chasses, Le Roy, à condition que ce dernier le fasse démolir à ses frais. Les matériaux récupérés serviront à la construction « d’une fort belle maison, résidence de goût, moderne et ornée d’une noble simplicité  » au centre de la paroisse.

Au siècle suivant, Noisy-le-Roi, redevenu paisible village rural de 600 habitants, reste à l’écart de la révolution industrielle ; la majorité des terres appartient à un seul propriétaire, la famille Demarine. Le haras de la Gaillarderie comptera jusqu’à deux cents chevaux.

Le changement n’interviendra qu’après la défaite de 1870 : la Troisième République entoure la capitale d’une ligne de fortifications, de cette  époque date le fort du Trou d’Enfer et la batterie de Noisy-le-Roi, aujourd’hui envahie par la végétation.

Entre les deux guerres mondiales, les activités agricoles se diversifient.

En 1940 c’est la débâcle et l’occupation allemande : le jeune résistant André Le Bourblanc est abattu chez lui par la Gestapo. La rue principale du village perpétue son souvenir.

La métamorphose de Noisy-le-Roi date des années 60 : de grands ensembles immobiliers, la Gaillarderie et l’Orée de Marly, remplacent le haras et la ferme du Vaucheron. La hausse des prix des terrains et la première crise pétrolière provoquent la disparition des serres. Résidences et pavillons se multiplient. L’urbanisation continue jusqu’en 1985 avec la création du quartier du Parc avant de connaître une période de stabilisation. Dans les années 2000, un nouveau quartier, baptisé « La Quintinye  » en l’honneur du jardinier de Louis XIV, est construit à l’emplacement de l’ancien collège.

En ce début de troisième millénaire, Noisy-le-Roi a su trouver un juste équilibre entre développement et respect de son patrimoine.